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La « blockchain » est un terme désormais largement usité. Il est essentiel d’en comprendre les contours. Apparue il y a une dizaine d’années, la technologie « blockchain » repose, au départ, sur la mise à disposition d’un protocole informatique composé d’un langage crypté, qui permet le développement d’un registre transparent et décentralisé où sont enregistrés, de manière sécurisée, des blocs de transactions.

A l’origine, le protocole « Bitcoin », depuis lequel ont été émis les jetons éponymes, fût pionnier et annonciateur d’autres langages « blockchain » qui se sont développés depuis sa création (2008).

Compte tenu des vertus qu’un registre décentralisé et distribué peut permettre en matière, notamment, de réduction de coûts, de diminution du risque de contrepartie centrale et de sécurisation informatique dans la transmission et le stockage d’informations, la blockchain a rapidement suscité un intérêt croissant chez les acteurs des marchés financiers.

C’est d’ailleurs comme tel (i.e. un protocole décentralisé et sécurisé susceptible de réduire les intermédiaires) que la blockchain fut définie dans la loi française dès 20161, puis reprise en 20172, consacrant ainsi son rôle novateur dans la tenue de registre pour le domaine financier.

Il serait néanmoins réducteur de l’astreindre, ainsi que ses potentialités, à ce seul secteur économique. Les possibilités qu’elle offre, comme la mise en place de contrats s’exécutant seuls et sans intervention humaine (« smart contracts »), ou le financement de projet entrepreneurial via l’émission de jetons numériques (initial coin offerings – « ICO »), ouvrent la voie à de nombreux développements possibles. Ces opportunités représentent également un enjeu stratégique pour l’ensemble des secteurs économiques contraints à repenser leur modèle (par exemple, en matière de distribution et de transactions).

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1) Ordonnance 2016-520 du 28 avril 2016.
2) Ordonnance 2017-1674 du 9 décembre 2017.